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Souveraineté, Démocratie et Économie : les militaires piégés ?

La junte militaire, depuis qu’elle s’est installée au pouvoir, s’est empressée de se parer de l’onction souverainiste pour imprimer ses marques. Chemin faisant, elle a embelli le pouvoir politique d’un brin de fierté nationale recouvrée, tout en omettant de placer l’économie au cœur des priorités. Conséquence ? Les dirigeants militaires de la transition sont pris au piège infernal du jeu de pouvoir, mal assumé, qui les a totalement coupés de la réalité du pays.  La notion de souveraineté, comme on le sait de tout temps, n’est pas le principe cardinal du politique. Elle est d’ailleurs une élaboration récente et une forme de conceptualisation de l’organisation d’un État.

La junte militaire, depuis qu’elle s’est installée au pouvoir, s’est empressée de se parer de l’onction souverainiste pour imprimer ses marques. Chemin faisant, elle a embelli le pouvoir politique d’un brin de fierté nationale recouvrée, tout en omettant de placer l’économie au cœur des priorités. Conséquence ? Les dirigeants militaires de la transition sont pris au piège infernal du jeu de pouvoir, mal assumé, qui les a totalement coupés de la réalité du pays.

La notion de souveraineté, comme on le sait de tout temps, n’est pas le principe cardinal du politique. Elle est d’ailleurs une élaboration récente et une forme de conceptualisation de l’organisation d’un État.

Souverainisme et populisme ou l’aliénation politique

Eh bien ! Sous les tropiques, et plus particulièrement au Mali, le concept a été galvaudé. Les autorités actuelles de la transition ont surtout fait croire que c’est la solution à tous nos problèmes.

Mais voilà, avec le recul du temps, on se rend finalement compte que le souverainisme ombrageux et susceptible promu par la junte n’a en rien constitué ou apporté la moindre solution escomptée.  Bien au contraire, la récupération politico-martiale, qui en a été faite, a plutôt été le révélateur de la configuration réelle de nos multiples difficultés, à la fois implacables et complexes.

Le fait est que les dirigeants militaires du pays ont confondu la notion de souveraineté avec la simple autorité de l’État, en y ajoutant juste une dimension indépendantiste, aux tendances d’ailleurs xénophobes. Ce que l’on recherche d’ailleurs à travers cette notion de souveraineté qui est présentée dans bien des cas comme la panacée.

C’est cela logiquement la réalité des choses. Le militaire, comme on le sait, c’est le soldat qui doit obéissance, à l’autorité politique, et non faire la politique. Auquel cas, et c’est la conséquence, le militaire sera le produit de la politique, avec tous les risques des travers de la pratique.

Souveraineté et désordre politique

Le principe de souveraineté, ou son absence, est-elle la raison majeure du désordre politique récurrent du Mali ?

Comme on peut s’en apercevoir, les leçons élémentaires de l’histoire récente du Mali nous enseignent qu’il ne saurait y avoir de souveraineté sans le substrat d’une économie forte, florissante, une solide démocratie et une autorité politique qui s’impose.

Aussi faut-il être d’une mauvaise foi avérée, ou être irrémédiablement amnésique, sinon nul se saurait plus nier que le Mali connait aujourd’hui la crise la plus aiguë de son existence ; une crise extrêmement profonde, mal assumée, qui impacte d’ailleurs tous les segments de la vie publique : économique, finances, gouvernance, droits de l’homme…

Pourtant et pour  la gouverne de la junte au pouvoir, même dans les sociétés démocratiques les plus accomplies, le jeu et l’exercice de la démocratie sont en nette construction. La pratique démocratique est donc évolutive et non figée, comme certains ont tendance à le fixer chez nous. C’est bien parce qu’elle n’est pas l’inertie de la gouvernance publique qu’il y a bien des crises dans les pays démocratiques, sous quelques cieux qu’ils soient. Et c’est aussi pourquoi il s’agit d’un processus en perpétuelle évolution, s’adaptant, dans les conditions qui sont les siennes, aux réalités les plus complexes et les plus sensibles.

L’obsession souverainiste

Une simple illustration ? L’irruption des putschistes sur la scène publique pour s’emparer des leviers de commande est le résultat d’une mauvaise gestion de la crise de maturation de la démocratie. C’est d’ailleurs l’une de ces crises démocratiques violentes qui a permis à la junte actuelle de s’installer à Koulouba.

Cette crise mal maitrisée n’était autre, et est toujours due en somme au caractère évolutif du processus démocratique. Ceci explique également l’obsession souverainiste de la junte militaire, engagée dans une dérive extrémiste. Cette posture a été poussée jusqu’à la caricature, au point d’ébranler nos traditionnelles relations internationales, forgées tout au long de l’histoire. Cela survient surtout à une époque, où les rapports entre les Etats sont plus étroits que jamais et où ils n’ont été jamais aussi interdépendants, au sein de ce qui est aujourd’hui convenu d’appeler la mondialisation économique.

La crise de croissance de la démocratie, comme un processus continuel, obéit bien sûr à une logique supranationale. C’est bien pour cela que la démocratie et l’économie tendent à abolir les frontières (Cedeao, Umoea, union européenne…),  et  distinctions entre la politique intérieure et celle extérieure.

Souverainisme et dégradation de la cohésion sociale

C’est ce qui amène ainsi à accepter, comme internes à la société malienne, certaines normes qui pourtant proviennent d’instances externes (Cour de la justice de la Cedeao, Asecna…). Celles-ci sont davantage administratives que politiques et, de ce fait, obéissent à une logique économique et rien d’autre.

Ce n’est donc pas une surprise : l’idée principale de la nouvelle configuration politique, conçue par la junte malienne, et qui est d’ailleurs en voie de réalisation, se présente, pour l’essentiel, sous la forme d’une opposition entre supranationalisme, le cosmopolitisme moderne, et la souveraineté classique des Etats-nations, dans une dynamique de repli identitaire.

Il apparait donc dans les faits que le nouveau souverainisme, qui se prétend panafricaniste, n’est en réalité nullement la révolte identitaire d’un peuple. Mais il résulte de l’échec d’une classe politique ou d’un clan  qui essaye, par tous les moyens, de se maintenir ou de prendre le pouvoir. C’est d’ailleurs sous ce paradigme que la junte présente la nouvelle croisade comme seul à  même de retrouver un ordre, garant de la paix, de la solidarité nationale, pour une économie florissante et une démocratie bien ancrée.

Souverainisme et dégradation économique

Ce qui se passe, sous nos yeux, c’est le souverainisme qui nous a conduit au déclenchement d’une guerre fratricide et à l’assujettissement d’une justice sous la coupe des chefs de groupes armés, mêlés aux chefs terroristes. Certains acteurs économiques, des hommes politiques et des leaders de la société civile sont également visés. Aujourd’hui, le souverainiste est parvenu à occuper l’espace médiatique pour vendre l’illusion  du changement.

Ce qui n’est en définitive que leurre ! Et pour cause, les faits démontrent une toute autre réalité : celle d’un pays dans une impasse totale. Le rejet des politiques, compréhensible à bien des égards, a conduit à jeter le bébé avec l’eau du bain, comme on le dit.

Les blocages successifs, en autant de signes d’échec patent de la gouvernance martiale,  sont la preuve que les militaires occupent l’espace administratif et politique de façon illégitime. Il apparait, dans les faits, qu’aucun avenir ne sortira de cette hypocrisie ambiante et forgée, qui fait surtout croire que la sécurité passe avant la démocratie et l’économie.

La junte militaire au pouvoir conduit le pays vers le pire : l’insécurité légalisant la dictature.
Qui pour faire alors un réel bilan de la transition, après trois ans et demi de main mise militaire totale sur le pouvoir ?

L’affichage de Kidal

En dehors de l’affichage de Kidal, qui ne résout pas le problème de fond, mais sert plutôt d’étendards d’une souveraineté soi-disant retrouvée, il n’y a plus rien dans un horizon de sombres perspectives.

Déjà sur le terrain, les attaques des groupes terroristes reprennent et se multiplient avec une extrême violence. Dans le même temps, l’économie et le trésor public sont à l’image de l’électricité au Mali qui bat de l’aile.

Et pour compliquer les choses : les rapports les plus récents de l’Oclei et du BVG ; des instances de contrôle et de vérification des comptes publics dédiées à la lutte contre la corruption au Mali, montrent que rien n’a véritablement changé sur le terrain de la corruption qui prend irrémédiablement de l’ampleur dans notre pays.

Bref, ainsi qu’on le voit dans la vie de tous les jours, un vide sidérant qui s’installe partout, dans le pays, hormis le narratif propagandiste de la junte militaire, scotchée à  la désinformation à outrance. Ce dont la plupart des journaux de la place s’accommodent sans sourciller.

Ce qui fait l’affaire des trois juntes, dans les trois pays, qui se rapprochent dans un réflexe de  survie, pour s’aider mutuellement à rester le plus longtemps possible au pouvoir.

Qu’importe que cela compromette durablement le devenir des pays et des peuples.

 

Mamadou Sinsy Coulibaly, Président du groupe Kledu
Officier de l’ordre national du mérite de la France

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