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Mali : histoire militaire de la démocratie confisquée (1968–2025)

🌍 En Afrique de l’Ouest, les transitions s’enchaînent, les peuples résistent et l’avenir s’écrit à la plume de la souveraineté. Farafinet.info donne la parole aux voix du terrain, celles qui vivent l’Afrique, la pensent, et la bâtissent, loin des plateaux d’illusion.
Portraits des présidents militaires du Mali de 1968 à 2025 : Moussa Traoré, ATT, Sanogo, Goïta – histoire militaire de la démocratie confisquée De Moussa Traoré à Assimi Goïta : un demi-siècle de militarisation politique au Mali

Histoire militaire de la démocratie confisquée : cinq décennies d’alternances militaires au Mali

De Modibo Keïta à Assimi Goïta, le Mali semble pris dans un cycle historique où le pouvoir militaire s’invite à chaque grande rupture. Cette analyse retrace les étapes majeures d’une histoire où les espérances démocratiques sont trop souvent confisquées.


1. 1968 : la rupture avec l’expérience socialiste de Modibo Keïta

Le 19 novembre 1968, le président Modibo Keïta est renversé par le Comité militaire de libération nationale. Accusé d’avoir installé un régime socialiste autoritaire, sa gestion centralisée de l’économie et ses alliances panafricaines font l’objet de critiques internes nourries, notamment de la part d’une jeunesse formée à Kati. Ce putsch amorce une première phase de militarisation du pouvoir, sous couvert de redressement politique.

2. Moussa Traoré et la militarisation du pouvoir (1968–1991)

Moussa Traoré gouverne pendant plus de deux décennies. Son régime est marqué par une forte répression, l’instauration d’un parti unique (UDPM), et la consolidation d’un appareil sécuritaire étendu. De grandes grèves étudiantes, comme celles de 1979, 1980, puis de 1990, mettent en lumière l’épuisement du régime. La mort de l’étudiant Abdoul Karim Camara « Cabral », icône de la résistance, cristallise le mécontentement populaire. Le 26 mars 1991, une insurrection populaire aboutit à l’arrestation de Moussa Traoré et à la dissolution de ses structures de pouvoir.

 

3. 1991 : Transition et illusion d’un renouveau démocratique

Le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP), dirigé par le Lt-Colonel Amadou Toumani Touré (ATT), initie une Conférence nationale inédite qui élabore une nouvelle Constitution. Une transition pacifique vers des élections pluralistes a lieu en 1992, consacrant Alpha Oumar Konaré comme premier président démocratiquement élu du Mali.

4. 1992–2012 : Une démocratie à défaillances multiples

Malgré deux mandats d’Alpha Oumar Konaré (1992–2002) et le retour d’ATT comme président civil (2002–2012), les fondements démocratiques se fissurent : corruption endémique, gestion clientéliste, absence de réforme sécuritaire sérieuse. L’État recule face aux défis du Nord, notamment à Kidal et Gao.

5. 2012 : rupture institutionnelle et délitement territorial

Le 22 mars 2012, ATT est renversé par le CNRDRE dirigé par le Capitaine Amadou Haya Sanogo. Le putsch est justifié par la gestion chaotique de la rébellion touarègue menée par le MNLA et l’arrivée de groupes jihadistes. L’État perd le contrôle de deux tiers du territoire. Une transition chaotique s’installe, suivie d’une élection en 2013 qui amène Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) au pouvoir.

6. 2013–2020 : Un retour fragile à l’ordre constitutionnel

IBK tente de restaurer l’autorité de l’État, sans y parvenir. La corruption, les affaires de surfacturation (avions présidentiels, équipements militaires) et les tensions communautaires dans le centre du pays amplifient la crise. L’insécurité s’enracine, les massacres de civils (Ogossagou, Sobane Da) se multiplient.

7. De 2020 à 2025 : Transition prorogée et contestations

Le 18 août 2020, le CNSP dirigé par le Colonel Assimi Goïta renverse IBK. Une nouvelle transition est engagée, mais elle s’enlise dans la prolongation. Malgré un discours de souveraineté et d’alignement sécuritaire avec la Russie, les défis internes persistent. La fermeture de l’espace civique, les atteintes à la liberté de presse et la gouvernance opaque questionnent la légitimité du pouvoir.

8. Le piège récurrent du militarisme politique au Mali

Chaque rupture politique majeure s’accompagne d’une prise de pouvoir militaire. Cette régularité met en lumière l’incapacité des élites politiques à institutionnaliser la démocratie. L’absence de mécanismes de veille citoyenne et de responsabilisation rend possible cette récurrence historique.


9. Recommandations pour une république refondée

  • Création d’un mécanisme permanent de vérification citoyenne
  • Interdiction constitutionnelle de la prolongation des transitions militaires
  • Mémorisation numérique de l’histoire politique du Mali
  • Intégration effective des diasporas dans la gouvernance

Conclusion

Le Mali a besoin d’une relecture collective de son passé. La vérité historique est la première condition de la stabilité à venir. Cette histoire militaire de la démocratie confisquée n’est pas une fatalité : elle peut devenir une leçon constitutive, à condition de ne plus effacer les traces et les responsabilités.

Illustration : © Boubakar Sidibé | Montage original réalisé à partir de portraits publics disponibles en ligne. La photo de Moussa Traoré est la propriété de la DIRPA du Mali.

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